
Nous avons demandé au triathlète professionnel Harry Wiltshire de nous donner son avis sur la course de la WTS à Abu Dhabi. Voici ce qu’il avait à dire…
Six mois après la dernière épreuve de 2015 et un peu moins de six mois avant Rio, le circuit de la World Series reprenait la route. Cette année, la course s’est déroulée sur la distance olympique et a permis aux athlètes et aux spectateurs de voir qui avait réussi à améliorer son niveau pendant l’intersaison et qui pourrait décrocher sa sélection dans ses équipes nationales respectives pour Rio.
L’événement a fait presque autant parler de lui pour ceux qui n’y ont pas participé que pour ceux qui y ont pris part. Javier Gomez, vainqueur de la World Series l’année dernière, s’est exprimé sur Facebook pour démentir avoir subi une fracture de stress de la hanche et expliquer qu’il ne participait pas à la course en raison de « problèmes physiques et personnels » survenus en janvier. Les deux frères Brownlee étaient également absents, tout comme les excellents nageurs-cyclistes Richard Varga et Vincent Luis. Du côté des femmes, Gwen Jorgensen a choisi de participer à une course de distance sprint sur son lieu d’entraînement à Wollongong, tandis que Non Stanford et Vicky Holland, déjà sélectionnées pour Rio, ont elles aussi préféré ne pas débuter leur saison aussi tôt.
Dans la course masculine, le nageur de haut niveau et membre de HUUB, Henri Schoeman, a pris la tête dans l’eau, devançant Aurélien Raphaël, qui avait pris un départ fulgurant, formant ainsi un petit groupe d’échappés à l’approche de l’épreuve cycliste. Alessandro Fabian, habitué du peloton de tête (et le seul homme que j’aie jamais vu porter un jean blanc moulant), a fortement accéléré le rythme dès le début de l’épreuve cycliste, mais n’a pas bénéficié du soutien nécessaire pour que l’échappée tienne ; au 20e km, grâce à une solide performance de Richard Murray, tout le monde s’était regroupé. Fabian a tenté une nouvelle offensive vers la fin de l’épreuve cycliste et a réussi à montrer que le reste du peloton ne poussait pas en creusant un écart à lui seul. Tous les concurrents, sauf un, étant sortis du vélo frais et regroupés, tout s’est joué sur la course à pied. Cela signifiait que malgré un handicap de 15 secondes (en raison d’une transition brouillonne), Mario Mola a pu s’échapper du peloton en semblant assez à l’aise. Le podium a été complété par Murray et Silva.
Dans la course féminine, une petite échappée s’est également formée à la sortie de l’eau, avec notamment Helen Jenkins et Flora Duffy qui ont mené le rythme avant d’être rattrapées par un deuxième groupe, formant ainsi un peloton de tête de 25 athlètes. Le groupe a perdu de son élan et il n’a pas fallu longtemps pour que le « train » de Nicola Spirig comble un écart de 40 secondes et ramène le reste du peloton dans la course. Spirig a chuté juste avant la transition et pourrait, de ce fait, devoir subir une intervention chirurgicale pour sa main cassée. Jodie Stimpson s’est révélée être la coureuse la plus rapide de la journée, distançant Jenkins et Ashleigh Gentle dans les derniers mètres du parcours plat de 10 km.
Les athlètes HUUB, Schoeman et Bishop, ont tous deux connu des courses qu’ils préféreraient sans doute oublier ; le commentateur Rob Walker a décrit Henri comme « se laissant glisser vers le milieu du peloton ». Helen, qui a connu quelques problèmes de blessures et de santé, a montré qu’elle retrouvait rapidement la forme. Son duel avec Jodie à Gold Coast devrait faire la une des médias lors de la prochaine manche. Lawrence Fanous a terminé50e et se concentrera désormais sur les Jeux asiatiques en avril pour tenter de décrocher sa place pour Rio.

J'ai senti que les athlètes étaient contents d'avoir enfin pu prendre le départ ; ceux qui ont bien couru se diront qu'ils ont progressé cet hiver, tandis que ceux qui n'étaient pas au rendez-vous diront que le niveau était faible et qu'avec plus de puissance en tête de course, les résultats seront différents. Les Britanniques se concentrent désormais sur la prochaine manche qui se déroulera à Gold Coast dans un mois, les sélectionneurs tenant compte des résultats obtenus en Australie pour la sélection en vue de Rio. Chez les garçons, un Britannique ne peut être sélectionné que dans un rôle de « soutien », tandis que chez les filles, démontrer sa capacité à remporter une médaille à Rio pourrait encore leur permettre d’être sélectionnées à part entière. Il reste encore un long chemin à parcourir jusqu’à Rio !
Commentaire de Harry Wiltshire